Du droit à la déconnexion à l’art de la présence
À l’ère de l’hyperconnexion et de l’omniprésence des écrans dans toutes les sphères de notre vie, il ne suffit plus de parler uniquement de droit à la déconnexion. Il devient également crucial de penser en termes d’éducation, voire d’entraînement, à la déconnexion.
Comment résister à la tentation de consulter frénétiquement ses mails le soir, après une journée de travail bien remplie ? Comment faire face à notre addiction aux écrans, afin non seulement de préserver nos ressources, mais aussi de préserver notre vie personnelle et familiale ?
La pratique de la pleine conscience, reconnue et validée scientifiquement par de nombreuses études, a démontré son efficacité dans ce domaine. Cette pratique permet d’entraîner l’esprit à maintenir une attention prolongée, quelles que soient les distractions rencontrées. L’agitation, l’ennui ou l’impatience font partie de notre paysage intérieur, tout comme des expériences ordinaires de la vie. Plutôt que de fuir ces sensations ou de nous distraire pour éviter l’expérience en cours, nous apprenons à rester présents, à observer avec patience et curiosité ce qui se passe en nous. C’est donc un entraînement puissant à la non-réactivité face à ce qui nous déclenche habituellement.
Une étude scientifique menée chez Air France, par le laboratoire IREGE de l’Université Savoie Mont Blanc, a mis en évidence l’impact positif des programmes de pleine conscience sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Les participants témoignent d’une meilleure capacité à investir pleinement leur vie personnelle après le travail et à mieux récupérer durant les temps de repos. Ils rapportent également une aptitude accrue à déconnecter du travail, réduisant ainsi les interférences des pensées professionnelles dans leur vie privée, et profitant davantage de leurs proches. Comme le partage l’un d’eux :
« Je vivais comme une corvée le fait de raconter une histoire aux enfants. C’est devenu un moment agréable. »
Les participants apprennent aussi à poser des limites :
« J’ai appris à dire non, à poser des limites dans ma vie privée, chose que je ne faisais jamais. Avant, si je l’avais fait, j’aurais culpabilisé pendant des heures. »
Et à déconnecter réellement :
« Maintenant, je suis capable de laisser mon téléphone de côté. »
La déconnexion ne se décrète pas : elle s’apprend. En développant notre capacité d’attention et de présence, nous choisissons de remettre l’humain et la relation au cœur de nos vies.